La retraite à 70 ans, c’est NON

Rétablir le droit à la retraite à 60 ans

Avec le Front de Gauche… nous, on peut rétablir le droit à la retraite à 60 ans, à taux plein, pour tout le monde !

  • "Nous rétablirons le droit à la retraite à 60 ans à taux plein (75% du salaire de référence) pour toutes et tous avec la prise en compte de la pénibilité de professions particulières donnant droit à des départs anticipés." (Page 15 du programme du Front de Gauche)
  • "Aucun salarié ne touchera de retraite inférieure au SMIC." (Page 16 du programme du Front de Gauche)
  • "Le financement des retraites sera assuré en particulier par une cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises, au même taux que les cotisations employeurs sur les salaires." (Page 16 du programme du Front de Gauche)
La retraite à 70 ans, ça suffit comme ça !

Sarkozy l’a fait, Hollande ne reviendra pas aux 60 ans.

Reculer l’âge de la retraite : non seulement une injustice, mais une faute.

"En réalité, repousser l’âge de la retraite n’est pas seulement attaquer un des principaux acquis sociaux mais constitue une faute en matière économique et sociale. Alors que le chômage explose tant chez les jeunes que chez les travailleurs en fin de carrière, il est stupide d’empêcher des salariés de prendre leur retraite à un âge qu’ils ont toujours plus de mal à atteindre en activité. La richesse nationale et la productivité n’ayant jamais fléchi, rien ne justifie qu’on revienne ainsi sur une évolution séculaire. C’est une prime au libéralisme, à la régression et en réalité au développement des retraites par capitalisation qui flairent là l’aubaine." (Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de Gauche, chargé des relations extérieures et unitaires)

Reculer l’âge de la retraite et augmenter la durée de cotisation revient tout simplement à baisser énormément des retraites qui sont déjà faibles puisque :

  • l’âge moyen de cessation d’activité est de 58,8 ans
  • Le taux d’emploi des 55-64 ans est de 46 %. (Ce taux est certes en augmentation mais c’est au détriment de l’emploi des jeunes.)
  • Près de six salariés sur dix sont hors emploi (chômage, invalidité, inactivité ou dispense de recherche d’emploi) au moment de liquider leur retraite.
  • On va remplacer une économie par une dépense supplémentaire pour le chômage

La plupart des salarié-e-s auront donc une décote importante sur leur retraite. (Laurent Maffeis, PG)

Plus d’arguments ?

Le financement de la retraite à 60 est impossible ?

C’est faux : le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) l’a démontré. Avec 0,35 % seulement d’augmentation des cotisations sociales par an d’ici 2036 les retraites à 60 ans sont garanties et payées.

On vit plus longtemps : il faut travailler plus longtemps ?

C’est faux : D’abord, on vit plus longtemps parce qu’on travaille moins longtemps. Ensuite, l’espérance de vie en bonne santé n’est que de 61.9 ans chez les hommes et 63.5 ans chez les femmes… et elle est en recul !
Même l’espérance de vie générale est en baisse dans nombre de pays développés.
> L’espérance de vie en baisse pour la première fois en France en 2012 (INSEE)

Et puis… il est normal et juste d’augmenter la part de la richesse nationale consacrée aux retraites puisque actuellement les retraité-e-s, qui représentent 23 % de la population, n’utilisent que 13.8 % du PIB pour leurs retraites.

Gilbert Delbrayelle

Communiqué du Parti de Gauche

Laurence Parisot prend les salariés pour des pigeons et des idiots

Lundi 13 Mai 2013
Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche

Madame Parisot a le culot de dire au Premier ministre qu’elle tire "un bilan plutôt positif de la première conférence sociale" puisque le Medef a réussi à obtenir ce qu’il exigeait depuis des années : licencier plus vite, à moindre coût et avec le moins de recours juridique possible.

Aussi ne se gêne-t-elle pas pour poser sur la table ses nouvelles exigences. "Une désindexation des pensions n’est pas souhaitable» dit-elle pour immédiatement proposer de repousser l’âge de départ en retraite à 65 ans au lieu des 62 ans à venir et exiger 43 ans de cotisations.

Ceci signifie tout simplement qu’une majorité de salariés n’aura plus le nombre de trimestres nécessaires pour partir en retraite et devra soit continuer à travailler au-delà des 65 ans soit partiront avec des pensions de misère. Ce seraient évidemment ceux qui ont eu les carrières les plus précaires et les emplois les plus durs ainsi que les femmes qui ont déjà des pensions bien plus faibles que la moyenne qui seraient les plus pénalisés.

Au moment où l’espérance de vie en bonne santé diminue (62 ans pour les hommes, 63 ans pour les femmes soit un an de moins) et où le nombre de retraités pauvres est reparti à la hausse, il serait scandaleux d’aller dans le sens des exigences du Medef.

Madame Parisot n’est que la porte-parole française des politiques ultra-libérales de la commission européenne qui a convoqué François Hollande mercredi pour lui rappeler ses exigences. Il est honteux qu’un président se réclamant de la gauche accepte de se soumettre ainsi aux diktats du patronat et de la troika euroépenne.

La solution passe par une autre répartition des richesses dont une réforme fiscale d’ampleur pour rétablir plus de justice sociale dans notre pays et par une relance économique créatrice d’emplois socialement utiles et écologiquement soutenables faisant rentrer des recettes dans les caisses de la Sécurité Sociale.

Dans la suite de la marche du 5 mai, des répliques auront lieu dans plusieurs villes les 1er et 2 juin. Le Parti de Gauche appelle à dire clairement non à cette nouvelle régression sociale à l’occasion de ces initiatives.

5 mai : marche contre l’austérité, la finance et pour la 6ème République

Dès 13h15 : Place de la Bastille
Prise de parole d’Eva Joly, Pierre Laurent
et Jean-Luc MélenchoN

Marche

Tous les feux sont au vert pour la grande marche citoyenne de ce dimanche 5 mai. Les montées organisées en car ou en train indiquent dans les régions une mobilisation supérieure à la marche contre le TSCG du 30 septembre dernier. Le succès des appels thématiques ne se dément pas.

 

En témoigne les plus de 1000 écologistes qui ont signé l’appel éponyme. Un autre appel, tout aussi important et relayé par Mediapart, est venu de responsables d’Europe Ecologie Les Verts . Parmi les signataires on retrouvera dans le carré de tête : Eva Joly, le député Sergio Coronado, les membres du Bureau exécutif Françoise Alamartine et Jérôme Gleizes, le conseiller régional Julien Bayou et l’adjointe au Maire de Paris Véronique Dubarry.

L’appel des syndicalistes rencontre également un large écho avec plus de 1300 signatures. Ils manifesteront derrière le carré de tête dans un cortège ouvert par les entreprises en lutte : Fralib, Arcelor Mittal, Sodimedical, Carrefour, Prestalis, Air France, Sanofi etc… Des syndicats ont par ailleurs appelé à la marche ces derniers jours tels l’UD CGT 75 ou FILPAC.

Les autres appels thématiques sont appelés à se regrouper en cortège un peu plus en arrière Rue de Lyon. Une banderole exigeant l’égalité des droits ouvrira cette partie de la marche de façon à affirmer notre détermination face à la droite et l’extrême droite qui s’y opposent. On y retrouvera également des délégations étrangères : les Latinos-américains de Paris, Bloco de Esquerda, Izquierda Unida, Déi Lénk, Die Linke, Front des Gauches belge, Syriza ainsi que des Britanniques venus en nombre.

Tout autour de la Bastille et dans les rues adjacentes prendront ensuite place et intercalés les cortèges des régions et des départements franciliens.

A partir de 13h15 et jusqu’au départ effectif de la marche, plusieurs personnalités prendront la parole dont Eva Joly, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon. Leurs discours seront retransmis en direct Place de la Bastille par les sonos de camionnettes relai HF. Ces appels du 5 mai seront le prélude à la marche qui s’élancera vers la Nation sous le soleil.

Eric Coquerel

Politeia : le RDV politique du PG de Lille

SAMEDI 4 MAI 2013
Maison d’éducation permanente LILLE
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Le 5 mai pour la 6ème République

Le 5 mai, une marche citoyenne pour la 6ème République !

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La faillite morale d’un homme éclaire celle du système auquel il appartenait. Un monde de connivence qui unit des amis de l’argent sans odeur à travers tous les partis du système officiel ! Une longue chaine de cyniques unis par le mensonge relie les Le Pen à Cahuzac, et un proche du Président, son trésorier de campagne, boucher- libraire qui trafique avec un comparse chinois pour ouvrir des comptes offshore !
Ainsi une caste de serviteurs des oligarques qui parle en commun la langue de la finance internationale a fini de pourrir un système de monarchie quinquennale. Il concentre les pouvoirs et dilue toutes les responsabilités morales et politiques. Aux abois, le chef de l’état ne trouve à proposer qu’une mesure d’interdiction d’exercice d’un mandat électif pourtant déjà censurée par le Conseil constitutionnel ! C’est dire l’inconsistance d’une équipe qui ne sait plus que faire pour se tirer d’affaire.

L’issue pour notre pays déshonoré par ces mœurs et ces balbutiements incohérents est dans le peuple. C’est à lui de définir la règle du jeu démocratique qui permettra de restaurer la République vertueuse à laquelle il aspire. C’est une Assemblée Constituante qui doit nous permettre de commencer cette sixième république au nom de laquelle nous nous sommes mobilisés en masse à la Bastille, au Capitole et au Prado pendant la campagne présidentielle l’an passé.

Le Parti de Gauche propose une marche citoyenne pour la 6ème République le 5 mai, jour anniversaire du deuxième tour de l’élection présidentielle, jour anniversaire de l’ouverture des Etats Généraux de 1789, journée mondiale des « mains propres ».

Manifeste pour l’écosocialisme

Une vision neuve de la gauche
Premier manifeste
18 thèses pour l’écosocialisme

mani recaL’écosocialisme est le mélange détonant entre un socialisme débarrassé de la logique productiviste et une écologie farouchement anticapitaliste. Loin d’un modèle abstrait, il propose une alternative concrète pour affronter la crise écologique qui menace l’humanité. En défendant l’intérêt général humain, il renouvelle la pensée républicaine en proposant aux peuples souverains de remettre le système productif et l’économie au service du progrès humain et des besoins réels.

Ce premier manifeste en 18 thèses est à la fois le premier résultat et le début d’une démarche ouverte lancée par les Assises pour l’écosocialisme initiées par le Parti de Gauche le 1er décembre 2012 à Paris, avec de nombreuses personnalités, associations, syndicats et revues. Construire le projet écosocialiste est un investissement politique essentiel pour l’avenir de l’autre gauche, en France et à l’étranger.

 

QU’EST-CE QUE L’ECOSOCIALISME ?

1) Une alternative concrète et radicale. L’écosocialisme n’est pas une utopie à laquelle le réel devrait se conformer. C’est la réponse humaine raisonnée à la double impasse dans laquelle est enfermée dorénavant l’humanité en raison des modes de production et de consommation de notre temps qui épuisent l’être humain et l’environnement. Elle appelle une pensée et une action politique radicale, au sens où elle doit aller à la racine des causes. Nous combattons donc les deux moteurs du système actuel : le capitalisme et le productivisme. Le capitalisme impose la marchandisation pour faire de toute chose une nouvelle source de dividendes. Il est ainsi responsable du creusement des inégalités sociales et de la mondialisation à l’œuvre, libérale et liberticide, où règne le dumping social et environnemental avec la délocalisation des pollutions et des altérations de l’écosystème. Le productivisme épuise les ressources naturelles et perturbe le climat. L’idéologie consumériste est son corollaire. Elle élève l’accumulation matérielle au rang de loi, à grands coups de publicité pour générer des besoins jamais rassasiés. Nous désignons les vrais coupables de ce système : l’oligarchie financière mondialisée, les gouvernements soumis aux lobbies des multinationales sans contrôle démocratique, les idéologues de la concurrence « libre et non faussée », du capitalisme vert et du libre échange. Face à eux, l’écosocialisme est une alternative pour sortir de la crise et imposer l’intérêt général humain : partager les richesses sans attendre, fonder une nouvelle économie des besoins et de la sobriété, préserver le climat, l’écosystème et sa biodiversité.

2) Un paradigme de l’intérêt général. Dans la réalité, avant toute idée humaine sur le sujet, l’être humain est partie intégrante de l’écosystème dans lequel il vit. Ils ne peuvent être dissociés. Il n’y a qu’un seul écosystème global compatible avec la vie humaine. Dès lors, nous sommes tous semblables dans notre dépendance à l’écosystème. Cette vérité s’impose à tous, en dépit de nos différences de tous ordres.  Il y a donc un intérêt général humain qui est lié à celui des autres espèces vivantes : préserver l’écosystème qui rend la vie humaine possible. Comment l’identifier sinon par la libre délibération collective ? Comment celle-ci pourrait-elle être libre si les uns dominent les autres, si des vérités révélées s’imposent en préalable ? Le paradigme écologiste appelle donc la démocratie, l’égalité sociale, la laïcité et le féminisme. Ce sont des conditions indispensables pour que le débat citoyen puisse avoir lieu sans intrusion de force oligarchique, dogmatique ou patriarcale. Enfin, dans la délibération pour déterminer l’intérêt général humain, chacun d’entre nous est appelé à dire non pas ce qui est bon pour lui mais ce qui est bon pour tous. Cela institue l’universalité des droits humains, la citoyenneté comme devoir et la République comme nécessité. Tel est le lien raisonné qui unit l’écologie politique et la République sociale universelle. C’est cette théorie politique globale que nous nommons écosocialisme. Il s’agit d’un humanisme et d’un universalisme socialiste et concret.

3) Une nouvelle synthèse politique à gauche. L’écosocialisme est un nouveau projet politique réalisant la synthèse d’une écologie nécessairement anticapitaliste et d’un socialisme débarrassé des logiques du productivisme. Il permet ainsi la jonction des grands courants de la gauche dans un nouveau paradigme politique. Nous avons besoin de ce projet de société alternatif au capitalisme. Il trace une ligne d’horizon dans la lutte pour une société d’émancipation et de progrès où le saccage de l’environnement et l’exploitation de l’homme par l’homme auront disparu. Notre projet écosocialiste prend en compte les besoins humains et les limites de la planète. Il repense l’utilité sociale de la production, nos manières de consommer, nos besoins réels, la finalité de nos produits et la manière de les produire.

4) Le renouveau du socialisme. Le socialisme a toujours visé l’émancipation de la personne humaine. Elle passe par le partage de la richesse, la démocratisation du pouvoir et l’éducation globale de  chaque femme et chaque homme. Ce programme est toujours le nôtre. Mais nous savons dorénavant que l’émancipation ne peut être atteinte par la croissance sans fin : l’écosystème qui rend la vie humaine possible ne le permet pas. Ce constat oblige à définir un nouveau modèle de progrès en rupture avec le système capitaliste. Doivent être repensés non seulement le système de production et d’échange, mais aussi le contenu des productions et les modes de consommation. Cette approche implique par conséquent l’ensemble de l’organisation sociale et politique. Elle nous oblige à penser de façon nouvelle ce qu’est véritablement le progrès humain dans la perspective de la préservation de l’écosystème. Dans ces conditions, nous proposons un nouvel énoncé de la stratégie émancipatrice pour le futur de l’humanité. Cette nouvelle conscience et son programme d’action sont l’écosocialisme. Ses méthodes sont la radicalité concrète, la planification écologique et la révolution citoyenne.

SORTIR DES IMPASSES IDÉOLOGIQUES

5) Le mensonge du capitalisme vert, les risques de l’environnementalisme. Notre écologie est sociale, elle prolonge les combats historiques de la gauche. Nous rejetons la mystification représentée par une certaine vision de l’écologie qui se veut compatible avec le libéralisme. Nous dénonçons le « capitalisme vert », qui sous couvert de développement durable offre un nouvel espace à la mainmise de la recherche du profit maximal, alimente la dynamique impérialiste et le court-termisme. Nous refusons le discours écologiste qui se contente de culpabiliser les individus. Il s’abstient ainsi de souligner la responsabilité majeure du productivisme sans frein. Il renonce à s’attaquer aux modes de production et de consommation capitalistes et refuse de voir qu’ils exploitent les plus précaires et pillent les pays du Sud. Nous refusons ce que serait une écologie de salon coupée des classes populaires, sans critique sérieuse de l’économie mondialisée, dépourvue de vision sociale et dès lors d’efficacité environnementale. Notre écologie à nous aborde les questions d’environnement en faisant systématiquement le lien avec la critique du système économique et avec les luttes sociales, en y impliquant l’ensemble des citoyens.

6) L’impasse sociale-démocrate. Nous réfutons la doctrine sociale-démocrate qui voudrait que toute redistribution des richesses passe d’abord par la relance de la croissance du PIB et la hausse de la consommation matérielle globale. C’est un double contre-sens. D’une part, elle maintient la puissance du capital financier et suppose que la répartition de la richesse s’organise à partir « des fruits de la croissance ». Elle ne s’attaque pas à l’accumulation déjà acquise. Or nous savons que les richesses existent, et qu’il n’y a pas lieu d’attendre pour les redistribuer. Ce qui est en cause c’est l’accaparement de ces richesses via la prédation du capital. D’autre part, cette doctrine repose sur un modèle d’expansion infinie qui est un suicide de la civilisation humaine. Le PIB est un indicateur qui ne reflète pas le bien vivre dans une société. Il est bien sûr impératif que chaque être humain puisse accéder aux biens fondamentaux. Bien sûr, la relance des activités d’intérêt général est indispensable. Pour autant, la relance d’une croissance économique aveugle n’est pas de nature à répondre aux urgences sociales. Elle est encore moins souhaitable ni tenable du point de vue de la préservation de l’écosystème, des ressources naturelles et du climat. Nous n’attendons donc ni la reprise de la croissance ni les effets bénéfiques de l’austérité : nous ne croyons ni à l’une ni aux autres.

INSTAURER UNE NOUVELLE ÉCONOMIE POLITIQUE AU SERVICE DU PROGRÈS HUMAIN

7) Mettre l’économie au service des besoins. L’écosocialisme veut mettre l’économie et le système productif au service des besoins humains. En cela, il s’oppose à la « politique de l’offre » défendue par les libéraux. Nous refusons cette logique productiviste qui consiste à produire tout et n’importe quoi dans n’importe quelles conditions pour l’écouler sur un marché par des dépenses publicitaires. Comment ne pas voir aussi que dans cet objectif, pour augmenter ses profits, le système nous vend des produits programmés pour tomber en panne et devenir démodés de plus en plus vite ? Comment supporter plus longtemps le gâchis des déchets croissants de notre civilisation ? Comment fermer les yeux sur le fait que beaucoup sont exportés vers les pays du Sud au détriment de la santé des populations et de leur environnement ? Nos décisions collectives doivent au contraire être guidées par la satisfaction des besoins réels. C’est le sens de la planification écologique. Elle inverse cette logique en partant des besoins, du devoir de préserver l’écosystème et du droit de tous à vivre dans un environnement sain. Elle met le système productif en adéquation avec ces impératifs.

8) Rompre avec les schémas de pensée traditionnels. L’écosocialisme remet en cause la dictature des intérêts particuliers et de la propriété privée des moyens de production. Il questionne le rapport au travail. Nous prônons l’appropriation sociale des moyens de production et les propositions alternatives de l’économie sociale et solidaire en termes d’autogestion et de coopératives. Nous défendons la souveraineté budgétaire et la nationalisation comme outil de politique publique, notamment en matière de services bancaires et de crédit. Indice de progrès humain, démondialisation et protectionnisme social et écologique, dotation inconditionnelle d’autonomie et salaire socialisé, revenu maximum autorisé sont autant de perspectives que nous avons à l’esprit pour sortir des sentiers battus et éviter le piège d’un accompagnement du système. Il nous faut également aller plus loin en matière de réduction drastique du temps de travail : « travailler moins pour travailler tous et mieux », fixer le plein emploi comme horizon tout en interrogeant les finalités du travail. Rien ne sert de travailler davantage que le temps utile à produire ce qui nous est nécessaire. Le temps ainsi libéré pourrait utilement être affecté à des activités considérées aujourd’hui comme « improductives » et pourtant combien essentielles au bien vivre.

9) Produire autrement. La révision en profondeur de notre système de production repose sur ce que nous appelons les « 4 R » : relocalisation de l’activité, réindustrialisation écologique, reconversion de l’outil industriel et redistribution du travail. De nombreux besoins non satisfaits existent : dans une industrie relocalisée, dans les services aux personnes, dans l’agro-écologie et l’agriculture paysanne au service de la souveraineté alimentaire et de la santé de tous,  dans la recherche et les filières « vertes » visant à réduire notre dépendance aux ressources épuisables (écoconstruction, efficacité énergétique, rénovation thermique, énergies renouvelables…). Avec l’augmentation du chômage et la crise sociale, l’argument de l’emploi est trop souvent mis en avant contre l’impératif de la protection de l’environnement. C’est une absurdité : on voit aujourd’hui le coût économique et social du laisser-faire libéral, là où la relocalisation et la transition écologique permettraient au contraire de conserver, transformer ou créer de nombreux emplois, locaux et pérennes, dans tous les pays.

10) Instaurer la règle verte comme boussole politique. La « règle verte » est notre indicateur central de pilotage de l’économie. Elle remplace « la règle d’or » des politiques d’austérité et « d’ajustement structurel » imposés par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque centrale européenne. Elle vise à assurer notre responsabilité devant l’humanité et son écosystème en supprimant la dette écologique. Elle associe la nécessaire réduction de certaines consommations matérielles et la nécessaire relance de certaines activités avec la prise en compte systématique de l’empreinte écologique générée. En plus des dégâts déjà commis à rattraper en matière d’émissions de gaz à effet de serre et de perte de biodiversité, nous adoptons comme moyen d’évaluation des politiques publiques, de retarder chaque année le « jour du dépassement global». Il s’agit de la date où nous avons prélevé à l’échelle mondiale le volume de ressources renouvelables égal à ce que la planète est en mesure de régénérer et où nous avons produit les déchets qu’elle est capable de digérer. Notre objectif est de la repousser au 31 décembre, c’est-à-dire de neutraliser notre empreinte écologique. Cela implique la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre et l’arrêt du nucléaire qui produit des déchets radioactifs que nul ne sait gérer et qui comporte des risques inacceptables pour les êtres humains comme pour l’écosystème.

 CONSTRUIRE LA RÉVOLUTION ECOSOCIALISTE

11) Les luttes doivent converger. Notre objectif de rupture civilisationnelle impose que l’action politique soit le fait du plus grand nombre. Il s’agit de rassembler et d’agir, non de se contenter d’avoir raison entre convaincus, ou pire, de dresser les uns contre les autres : nous nous situons aux côtés des salariés et des exclus du système qui résistent et sont porteurs de projets alternatifs sociaux et environnementaux. La reconversion écologique ne se fera pas sans eux, encore moins contre eux. Nos adversaires dans cette bifurcation radicale de société ne sont pas les chercheurs ou les salariés de l’industrie, mais bien les banques, les multinationales et les actionnaires qui orientent la production en fonction de leurs intérêts privés et non de l’intérêt général.

12) Lutter et résister pour inventer. La révolution écosocialiste combine propositions programmatiques et présence dans les luttes sociales et environnementales, aux côtés de toutes celles et ceux qui résistent. Les citoyens engagés dans ce projet s’impliquent dans le développement d’expérimentations et alternatives concrètes : circuits courts, associations pour le maintien de l’agriculture paysanne, soutien aux ceintures vivrières et actions contre l’artificialisation des sols, collectifs de villes en transition, reprise d’entreprises par les salariés, systèmes d’échanges locaux, épargne citoyenne et monnaies complémentaires, habitat collectif et co-voiturage… Ils sont actifs dans des actions de désobéissance civique non violente, opérations anti-publicité ou réquisitions de logements vides. Les élus du peuple pour le projet écosocialiste s’engagent  dans une démarche cohérente entre leurs discours et leurs actes. Ils font vivre la gauche par l’exemple en prenant des mesures d’interdiction de la publicité, de retour en régie publique de l’eau, de renchérissement du mésusage ou encore d’extension de la gratuité des services publics.

13) Mettre en œuvre la planification écologique. La planification écologique impose la prise en compte du temps long et la maîtrise publique, le tout placé sous contrôle des citoyens, travailleurs et  usagers. Le problème n’est pas l’industrie, la recherche ou la technique en soi, mais bien l’absence de choix et de contrôle citoyen. Une révolution citoyenne est nécessaire pour conquérir cette capacité de contrôle.   Tel est le mélange détonant d’utopisme révolutionnaire et de technicité auquel nous aspirons.  Le Plan écologique donne la possibilité d’organiser la bifurcation vers un autre mode de développement, en interrogeant nos besoins et en réorientant production, échange et consommation en vertu de leur utilité sociale et écologique. Le secteur de la recherche doit se réorganiser autour de l’intérêt général et des besoins réels, et inventer de nouvelles formes participatives par le biais par exemple de conventions de citoyens. L’école publique, à travers les voies professionnelles, technologiques et générales, doit organiser l’élévation des connaissances et des qualifications à tout âge afin de réussir cette bifurcation et faire émerger de nouvelles filières. Des « conférences de participation populaire » doivent être organisées pour redéfinir les critères d’utilité sociale et environnementale et l’articulation entre les différents échelons, des politiques européennes aux actions locales. La planification écologique organise l’intervention continue des salariés dans la gestion des entreprises, dans le prolongement de la convergence croissante des luttes sociales et environnementales.

14) Pas d’égalité et de République sociale possibles sans Constituante ! Nous affirmons l’exigence d’un haut niveau de culture commune par l’école publique incluant l’éducation à l’environnement. Sinon comment rendre possible l’émancipation individuelle et collective, seule à même de permettre le consentement à un contrat social partagé par tous ? Le projet écosocialiste réaffirme le rôle de l’État, de la collectivité et des services publics, indispensables pour planifier la rupture, construire une société émancipatrice et garantir l’égalité d’accès aux droits fondamentaux pour tous, partout. Ils doivent être refondés par le moyen d’une assemblée constituante. Celle-ci doit renouveler de fond en comble les formes institutionnelles et mettre en place les moyens démocratiques qui rendront possibles l’implication citoyenne permanente et la souveraineté populaire en tous domaines. Car la tâche révolutionnaire est immense. Nous appuyons en effet la mise en place d’un « ménagement » du territoire à rebours de l’étalement urbain, de la concentration des populations dans des mégalopoles et de la mise en concurrence des territoires. Nous militons pour un nouvel urbanisme qui rapproche les fonctions indispensables au « bien vivre » (services publics de santé et d’éducation, logement, activité professionnelle, culture et loisirs, biodiversité, agriculture paysanne). Nous refusons la marchandisation du vivant et les OGM, ainsi que la financiarisation des biens communs comme l’eau, l’énergie et le savoir,  et la privatisation des services publics. Ceux-ci doivent faire l’objet d’une gestion publique en repensant l’articulation entre l’État, garant de l’égalité républicaine, les collectivités locales et l’action des citoyens, syndicats, associations et usagers.

15) Mener la bataille culturelle. Le projet écosocialiste mène son  combat  idéologique par l’éducation populaire. Il veut décoloniser l’imaginaire. Il dénonce la programmation d’un individu-consommateur docile, soumis aux avis de prétendus experts et aux impératifs du productivisme qui nous fait désirer des productions nuisibles et inutiles, fabriquées à l’autre bout de la planète dans des conditions de travail indignes et sous des législations environnementales défaillantes voire inexistantes. Il combat les bras armés du productivisme que sont la publicité, avec son cortège de marchandisation des corps et de sexisme, la mode et les médias, relayés par les organismes de crédit, qui nous conditionnent et nous soumettent à une injonction d’achat et de gaspillage permanents. Cette bataille idéologique est aussi une bataille de vocabulaire. Nous refusons la politique de l’oxymore et la novlangue libérale : le « prix du travail » qui devient un « coût », les cotisations sociales des « charges », les « gardiens de la paix » renommés « forces de l’ordre », la vidéosurveillance « vidéoprotection », ou encore le nucléaire déguisé en énergie « propre et décarbonée ».

16) Faire sauter le verrou des traités libéraux. A l’échelle mondiale, nous dénonçons les accords promus par l’Organisation mondiale du commerce, accords de libre échange et accords de partenariat économique qui contribuent à l’épuisement des ressources naturelles, à l’exploitation des peuples du Sud et au dumping social dans les pays dits développés. Parce qu’elle est la première zone économique du monde, l’évolution de l’Union européenne implique toute la planète. Sa politique libérale est verrouillée par les traités actuels et les plans d’austérité. Établis sous la houlette de lobbies économiques et financiers, ils ont tous en commun de prévoir la disparition des services publics, l’extension du domaine marchand et du libre-échange. Cela provoque à la fois gâchis dû aux compétitions mercantiles, et destruction des services publics et biens communs au profit des intérêts privés. L’Europe libérale et austéritaire empêche aussi de maîtriser et d’orienter le contenu de la production et de l’échange vers des objectifs de progrès humain. Dans ces conditions, nous assumons qu’une politique écosocialiste en Europe passe par la désobéissance à l’Europe libérale et à ses directives. Il faut pour cela construire d’autres rapports de force entre les citoyens, le pouvoir de la finance et celui des institutions anti-démocratiques de l’Union européenne. Si l’échelon européen peut être pertinent pour de grandes politiques environnementales et sociales, leur mise en œuvre ne sera possible que par la construction d’une autre Europe, sous le contrôle démocratique des peuples.

17) Porter un combat internationaliste et universaliste. Il n’y a qu’un seul écosystème compatible avec la vie humaine. Il faut en tirer les conséquences dans tous les domaines. Les décisions  prises à un endroit sur la planète ont des répercussions partout ailleurs. Le projet écosocialiste implique la reconnaissance de la responsabilité des pays dits du Nord, de l’Organisation mondiale du commerce, du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale vis à vis des peuples dits du Sud. Il dénonce la compétition organisée en lieu et place de la coopération,  le productivisme et ses effets sur le climat mondial, le pillage des ressources naturelles, l’accaparement des terres arables, ou encore l’austérité imposée par la Troïka. Il induit la reconnaissance de la Déclaration universelle des Droits de l’homme et  la création d’un Tribunal international des crimes contre l’environnement. L’écosocialisme nous impose de contribuer aux débats liant politiques de développement et de progrès social, et préservation de l’environnement. Pour cela, nous soutenons et nous inspirons des alternatives à l’étranger : révolutions citoyennes et Printemps arabe, refus de la dette et des monopoles médiatiques en Argentine, assemblée constituante en Islande et au Vénézuela, initiative Yasuni ITT pour laisser le pétrole sous terre en Équateur… Les savoirs, l’expérience et les méthodes acquises dans ces situations doivent pouvoir converger. Le projet écosocialiste doit pouvoir être porté par un forum mondial qui en fasse le but de la révolution citoyenne de notre temps.

18) Mener la révolution citoyenne pour l’écosocialisme. Compte tenu de l’ampleur de son objectif, la remise en cause du modèle productiviste capitaliste ne peut résulter d’une simple alternance électorale et de décisions venues d’en haut. Elle implique une refonte radicale des institutions incluant scrutins à la proportionnelle, parité et non cumul des mandats permettant au peuple d’être effectivement représenté dans toutes ses caractéristiques. Il s’agit de mettre au pas l’oligarchie et d’assurer, en toutes circonstances, la souveraineté populaire par une démocratie réelle. Cela exige que les majorités parlementaires écosocialistes conjuguent leur action avec des mouvements d’implication populaire dans tous les domaines de la vie de la société. Cette réappropriation de l’initiative politique et citoyenne par chaque femme et chaque homme, dans le but de déterminer partout et sur tous les sujets quel est l’intérêt général, c’est ce que nous nommons la révolution citoyenne. C’est une révolution. Car elle se propose de changer les formes de la propriété, le système institutionnel et la hiérarchie des normes juridiques, sociales et environnementales qui organisent la société et l’économie. Elle est citoyenne. Car elle veut donner le pouvoir à chacun non pour l’intérêt d’une catégorie sociale en particulier mais pour le bien de tout humain, Et car elle se donne des formes institutionnelles et se soumet au suffrage universel, dans le pluralisme politique. Nous refusons que le désespoir et la colère ne basculent du côté de la haine. Ni avant-garde éclairée, ni dictature verte, ni repli ethniciste, nous défendons donc la voie démocratique de la révolution citoyenne. Le peuple n’est pas le problème, il est la solution. Le pire dommage de la crise actuelle de la civilisation humaine serait que l’humanité soit incapable de s’ouvrir à la voie d’un autre futur. L’écosocialisme peut être celui-ci. Qu’il fleurisse !

L’amnistie des syndicalistes, c’est maintenant !

Pendant les années Sarkozy, une véritable politique visant à criminaliser l’action syndicale et citoyenne s’est engagée. Des milliers de militant-e-s syndicalistes et associatifs ont été poursuivis en justice. Leur seul tort : d’être entrés en résistance et de s’être engagés pour défendre et maintenir leur emploi, lutter contre la fermeture des services publics, agir pour le droit au logement pour tous, soutenir les sans-papiers, protester contre un projet anti-écologique, etc.

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Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard avaient demandé à François Hollande, dès le lendemain de son élection, d’amnistier tous les syndicalistes et les militant-e-s condamnés sous Sarkozy. Le 5 juin 2012, alors qu’il recevait Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard à l’Elysée, François Hollande s’était engagé en faveur d’une loi d’amnistie pour ces militant-e-s.

Neuf mois après, rien n’a été fait ! Pire, sous le gouvernement Ayrault, la répression du mouvement social continue et s’amplifie.

Le Parti de Gauche exige du Président Hollande, du gouvernement et de l’ensemble des parlementaires de Gauche d’adopter le projet de Loi d’amnistie sociale du Front de Gauche.

Vous pouvez signer la pétition mise en ligne ici : www.placeaupeuple2012.fr/amnistie